Avantage à la ventilation double flux : Double flux vs Hygro A vs Hygro B

Dans les logements collectifs, l’écart du calcul RT entre la ventilation hygro B et la ventilation double flux se réduit de plus en plus. En revanche, la ventilation double flux permet la maîtrise de la qualité d’air intérieur là où de nombreux retours d’expérience dans des logements neufs très étanches à l’air montrent des pathologies liées à un taux de renouvellement d’air insuffisant.

La VMC double flux : la solution pour assurer la qualité de l’air intérieur

 

Gérant du bureau d’études IE Conseil, Alain Bodin, est convaincu que le double flux est la solution pour maintenir une bonne qualité d’air intérieur (QAI), en apportant une grande quantité d’air neuf, en évacuant l’air pollué des logements et en filtrant l’air neuf. Les solutions Hygro A et B mettent en jeu des débits de renouvellement d’air deux fois moins importants, entraînant souvent des pathologies plus ou moins visibles. Ce qui pénalise la ventilation, c’est que les maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage s’arrêtent souvent au calcul réglementaire pour faire le choix de leur système, sans autres considérations. Or, de ce point de vue, l’écart n’est même pas si grand en logements collectifs. Il a même tendance à se réduire à mesure que progresse l’efficacité des systèmes.

 

Deux programmes immobiliers pour comparer les différentes VMC

 

L’ingénieur s’est exercé à comparer le calcul réglementaire pour trois systèmes de ventilation différents appliqués d’une part à un programme immobilier de 4 maisons accolées et d’autre part à un programme de 38 logements collectifs.

 

Programme immobilier de 4 maisons accolées

L’écart en maison accolées est très faible en énergie finale et un peu plus conséquent en énergie primaire. Dans de petits logements, les consommations électriques jouent effectivement contre la ventilation double flux par rapport au gain sur la récupération d’énergie. Cette solution apparaît donc moins opportune.

 

Programme immobilier de 38 logements collectifs

Dans un ensemble de 38 logements, le comparatif montre que le double flux présente une consommation en énergie primaire plus faible que l’hygro A et à peine supérieur à l’hygro B (1,2 kWhep/m².an d’écart). L’avantage est même à la ventilation double flux en énergie finale (celle qui est payée par l’utilisateur) ! Au-delà du calcul réglementaire, estime Alain Bodin, si l’on intègre les services rendus en termes de qualité d’air intérieur, l’avantage est donc à la ventilation double flux.

 

Une VMC double flux qui n’est que rarement installée en réalité

 

La VMC simple flux représente encore 98 % du marché de la ventilation dans les logements collectifs.

 

« L’hygro B est souvent installée car elle permet de gagner des points facilement sur le calcul RT à moindre coût. Par ailleurs, certains maîtres d’ouvrage ont quelques a priori par rapport à l’entretien d’installations double flux qu’ils croient complexes et coûteuses, alors que seuls les filtres sont à remplacer. En hygroréglable, l’entretien n’est la plupart du temps pas réalisé. Les bouches s’encrassent, parfois très rapidement dans les zones polluées comme l’IDF. Elles ne fonctionnent plus qu’à petit débit, au détriment de la QAI et donc de la santé des occupants. Si dans le cadre d’un contrat d’entretien, les bouches d’extraction et d’entrée d’air devaient être remplacées pour obtenir un fonctionnement correct, le coût d’entretien serait bien supérieur à celui d’un double flux. » - Alain Bodin

 

Les pathologies liées au renouvellement d’air insuffisant

 

Des moisissures…

Dans les logements récents équipés de VMC hygro B, on constate fréquemment des moisissures, dues à une condensation apparaissant rapidement au niveau des ponts thermiques. Les mesures d’entrée d’air et de débit d’extraction d’une part, et de différence de pression sur l’entrée d’air d’autre part, montrent les difficultés de fonctionnement de la VMC (pression de 20 Pa non atteinte). Cette condensation est particulièrement courante en présence de coffres de volets roulants, que l’entrée d’air se fasse dans le coffre ou sur la menuiserie. Le taux de renouvellement d’air des systèmes de ventilation hygro B s’avère trop faible.

 

Pratiquement toutes les résidences récemment construites sont concernées par ce phénomène au bout de quelques années. C’est ce que constate fréquemment Alain Bodin lors d’audits techniques réalisés pour des bailleurs sociaux. Le bailleur 3F a d’ailleurs mis en place un contrat d’assistance à maître d’ouvrage pour traiter ce genre de problématique avant la fin de garantie de parfait achèvement.

 

… Mais aussi des maladies respiratoires et des allergies

D’autres pathologies, invisibles et non quantifiables par le bureau d’études, concernent la santé des occupants : des maladies respiratoires et allergies, développées à cause de la pollution de l’air intérieur.

 

 

Ainsi, pour garantir le bon renouvellement d’air dans les logements et traiter l’air neuf pour diluer suffisamment les polluants, il est souhaitable de mieux valoriser la ventilation double flux.

« Ce système qui, plus largement, va dans le sens de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (récupération des calories de l’air sortant), ne représente pas pour les maîtres d’ouvrage un surcoût énorme à l’installation quand il a été pensé et intégré dès la conception du bâtiment. Et son exploitation et sa maintenance ne sont pas plus coûteuses que celles des simples flux, voire le sont moins. Dans la RT, le double flux pourrait par exemple être mieux placé si le facteur de 2,58 n’était plus appliqué sur les consommations électriques des ventilateurs de VMC, qui consomment très peu actuellement. » - Alain Bodin

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