Le désenfumage naturel : principes et réglementation

Le désenfumage naturel, c’est quoi ?

Le principe du désenfumage naturel est relativement simple. Il est réalisé par des amenées d’air naturelles et des systèmes d’évacuation des fumées, communiquant avec l’extérieur, soit directement soit par l’intermédiaire de conduits. Ces ouvertures sont disposées de manières à assurer un balayage satisfaisant du local.

Le désenfumage naturel est principalement utilisé pour les locaux de grand volume tels que les atriums, les établissements recevant du public (ERP) de type cinéma ou parc d’exposition, les locaux industriels, et, dans une moindre mesure, les circulations des bâtiments. Les systèmes de désenfumage mécanique sont dimensionnés pour évacuer 12 volumes/heure. Cela devient impossible pour les locaux de grand volume, d’où la pertinence des systèmes de désenfumage naturel pour ces locaux.

 

Quels systèmes ?

Les systèmes d’évacuation de fumée peuvent être de trois sortes différentes : des ouvrants de façades, des exutoires en toiture appelé DENFC (Désenfumage naturel de fumées de chaleur) ou encore des bouches d’aération, raccordées ou non à des conduits.

Il existe en parallèle quatre type d’amenées d’air : les ouvrants de façade, les portes des locaux à désenfumer donnant sur des espaces ou dégagements pouvant être largement aérés, des bouches, éventuellement raccordées à des conduits et, exceptionnellement, des amenées d’air mécaniques.

Les ouvrants se caractérisent par :

  • La surface géométrique d’ouverture (SGO), notée « Av ». Toute la partie d’ouverture de l’ouvrant
  • La surface utile d’extraction (SUE), notée « Aa »
  • Le coefficient hydraulique (Cv) qui est en fait le rapport des deux surfaces SUE/SGO
  • La surface libre calculée (SLC), surface géométrique de laquelle on extrait les éléments qui peuvent diminuer cette surface comme des vérins hydraulique.

 

De leur côté, les bâtiments se caractérisent par des notions dimensionnelles :

  • La hauteur de référence = moyenne arithmétique entre la hauteur de sablière et la hauteur de faitière
  • L’épaisseur de fumée est définie par la hauteur des écrans de cantonnement
  • En dessous, c’est la hauteur libre de fumée.

 

Quelles réglementations pour le désenfumage ?

 

Comme vu précédemment, la technique du désenfumage en France est régie par de nombreuses règles, disséminées dans divers documents en fonction de la nature des bâtiments : l’instruction technique 246 (IT 246), l’IT 263 pour les atriums, les ERP, l’AR17 des assureurs, le Code du travail, les règles ICPE pour les bâtiments industriels avec des rubriques en fonction de l’utilisation des locaux [stockage de matière, produits ou substances combustibles (1510) ou application cuisson, séchage de vernis, peinture, apprêt (2640)], l’arrêté du 31 janvier 1986 pour l’habitat collectif…

 

Quelles règles s’appliquent aux bâtiments industriels ?

 

Dans les bâtiments industriels par exemple, deux règles peuvent s’appliquer : l’ICPE et le Code du travail et son IT 246. Si le bâtiment industriel n’est pas concerné par l’ICPE, c’est le code du travail qui s’applique. Mais il faut bien se renseigner car il peut y avoir des écarts significatifs comme le montrent les exemples ci-dessous (cf. tableau).

Il existe tout de même une règle commune entre les deux. Au-delà de 500 m², il faut répartir le réseau pneumatique : deux réseaux d’ouverture, un réseau de fermeture. Obligation de le répartir en quinconce. L’objectif est que si l’un des deux réseaux est défaillant, on puisse au moins ouvrir la surface utile.




Exemple de calcul simple dans l’industrie

Si ce bâtiment est concerné par la réglementation ICPE et son IT 1 510, il faut installer des dispositifs de Désenfumage naturel de fumées de chaleur (DENFC) dont la surface utile va être de 32 m², avec des appareils plus grands et plus nombreux. En revanche, si seul le Code du travail s’applique, alors la surface utile des DEFNC à installer est trois fois inférieure, avec seulement 10,4 m². Pour la surface libre d’amenée d’air, c’est pareil. Elle est plus supérieure en ICPE qu’en Code du travail.

 


En termes d’installation, double commande en deux points du bâtiment, proche des issues de secours en ICPE, et 7 exutoires par cantons (alors que seulement 6 en Code du travail) et avec des appareils plus petits car il y a moins de surface à mettre en œuvre.

 

 

 

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